Ryanair quitte Clermont-Ferrand : rassemblement pour sauver le vol Porto

Le 27 mars, un événement marquant se déroulera à l’aéroport d’Aulnat, alors que la communauté portugaise d’Auvergne se rassemblera pour protester contre la suppression de la liaison Clermont-Porto par Ryanair. Pour de nombreuses familles franco-portugaises, ce vol ne représentait pas simplement une option low-cost, mais un lien essentiel avec leurs proches restés au Portugal. Dans cet article, nous explorerons les impacts de cette décision et les alternatives qui s’offrent aux voyageurs.

Une ligne vitale pour la communauté

La décision de Ryanair de supprimer la ligne Clermont-Porto a suscité une vive émotion, notamment au sein des familles franco-portugaises du Puy-de-Dôme. Ce vol, qui affichait un taux de remplissage de 98 % avec jusqu’à huit rotations annuelles pour certaines familles, témoignait de son importance. Philippe Martins, un Franco-Portugais résidant à Dallet, exprime le désarroi partagé par beaucoup en déclarant : “Pour nous, c’est énorme. La famille, c’est ce qui compte le plus dans la vie.”

Ce sentiment de perte est renforcé par le fait que des milliers de passagers utilisaient cette ligne pour maintenir des liens familiaux et culturels avec le Portugal. La mobilisation autour de cette question se traduit également par une pétition lancée pour soutenir le rétablissement de la liaison.

Les raisons de la suppression

Ryanair justifie sa décision par l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), qui a triplé au début de mars 2025. Cette hausse, jugée insoutenable par la compagnie aérienne, l’a contraite à mettre un terme à ses opérations à Clermont-Ferrand, où elle supprimera également d’autres liaisons vers Londres-Stansted et Fès. Près de 40 % du trafic annuel de l’aéroport, soit environ 100 000 passagers, sera ainsi impacté, menaçant potentiellement 75 emplois dans la région.

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Les élus locaux s’activent pour trouver des solutions. Des négociations sont en cours avec plusieurs compagnies aériennes low-cost, telles que Transavia et EasyJet, dans l’espoir de maintenir une liaison directe vers Porto ou Lisbonne.

Alternatives de transport vers le Portugal

En attendant une éventuelle reprise de la desserte, plusieurs alternatives sont à considérer pour les voyageurs auvergnats désireux de se rendre au Portugal :

  • Via Lyon-Saint-Exupéry : À environ 180 km de Clermont-Ferrand, cet aéroport propose des vols fréquents vers Porto avec EasyJet et Transavia. Comptez environ 2h40 en TER pour vous y rendre.
  • Via Paris-Orly : Bien que plus éloigné, cet aéroport offre une large gamme de vols avec plusieurs compagnies. Le trajet dure environ 4h en Intercités, avec des tarifs allant de 50 à 80 euros l’aller simple.
  • En voiture : Pour les plus aventureux, un trajet de 12 heures sépare Clermont-Ferrand de Porto. Cette option est souvent choisie par les familles, surtout pendant les vacances d’été.
  • Flixbus : Pour les budgets serrés, des liaisons en bus avec correspondances existent également.

Un lien culturel et familial à préserver

La situation actuelle souligne la fragilité des aéroports régionaux face à la réduction des services par des compagnies comme Ryanair. La communauté portugaise, qui représente la première communauté étrangère en Auvergne, compte environ 15 000 personnes. Cette diaspora, installée depuis les années 1960-70, considère la ligne Clermont-Porto comme un véritable cordon ombilical familial.

Bien que le départ de Ryanair semble défini pour le moment, l’histoire de la compagnie montre qu’elle a souvent réagi à de nouvelles négociations sur les taxes par le retour de certaines liaisons. La mobilisation prévue le 27 mars à l’aéroport pourrait-elle influer sur une éventuelle réouverture des discussions ? Les collectivités locales se trouvent à un tournant décisif : l’obligation de maintenir une liaison directe avec le Portugal pourrait les amener à envisager des subventions.

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