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Air France-KLM et ReFuelEU : quelles conséquences pour les vols vers l'Asie ?

Air France-KLM et ReFuelEU : quelles conséquences pour les vols vers l'Asie ?

En février 2026, Air France-KLM a averti qu'une partie importante de ses vols vers l'Asie pourrait devenir non rentable d'ici 2030 à cause du règlement européen ReFuelEU, qui impose une part croissante de carburant d'aviation durable, bien plus cher que le kérosène. Le groupe estime être désavantagé face aux compagnies du Golfe et asiatiques, dont les vols en correspondance échappent en partie à cette obligation.

À retenir

  • ReFuelEU Aviation impose une part minimale de carburant d'aviation durable (SAF) : 2 % en 2025, 6 % en 2030, 70 % en 2050.
  • Le SAF coûte plusieurs fois le prix du kérosène, ce qui pèse sur les coûts des compagnies.
  • Air France-KLM craint une concurrence déséquilibrée avec les compagnies opérant via des hubs hors d'Europe.
  • Les menaces sur les lignes vers l'Asie restent des projections, pas des suppressions annoncées.
  • Pour les voyageurs, comparer vols directs et vols avec escale reste le meilleur réflexe.

Le groupe Air France-KLM a alerté, début 2026, sur l'avenir d'une partie de ses liaisons vers l'Asie. En cause : le règlement européen ReFuelEU Aviation, qui oblige les compagnies à incorporer une part croissante de carburant durable, beaucoup plus coûteux que le kérosène. Selon le groupe, une proportion importante de ses vols vers l'Asie pourrait être menacée d'ici 2030 si rien ne change. Voici ce que dit le règlement, pourquoi il inquiète les compagnies européennes et ce que cela peut changer pour vos voyages.

Qu'est-ce que le règlement ReFuelEU Aviation ?

ReFuelEU Aviation est un règlement de l'Union européenne, appliqué depuis le 1er janvier 2025, qui vise à réduire les émissions de CO₂ du transport aérien. Il impose aux fournisseurs de carburant des aéroports européens de livrer un mélange contenant une part minimale de carburants d'aviation durables (SAF, pour sustainable aviation fuel), produits à partir de déchets, d'huiles usagées ou, à terme, de carburants de synthèse.

Les compagnies, de leur côté, doivent faire le plein majoritairement dans les aéroports européens, pour éviter d'emporter du carburant non soumis à l'obligation. Les objectifs augmentent par paliers :

Année Part minimale de SAF
2025 2 %
2030 6 %
2035 20 %
2040 34 %
2045 42 %
2050 70 %

Le principal obstacle est le prix : le SAF coûte aujourd'hui plusieurs fois le prix du kérosène classique, souvent estimé autour de trois fois plus, et sa production reste limitée.

Pourquoi Air France-KLM s'inquiète pour ses vols vers l'Asie ?

Air France-KLM, groupe franco-néerlandais, se présente comme l'un des plus gros acheteurs de SAF au monde. Il répercute déjà une partie de ce surcoût sous forme de contribution sur les billets. Son argument principal porte sur la concurrence : un voyageur qui part de Paris vers Bangkok ou Singapour peut choisir un vol direct européen, ou un vol avec escale via Doha, Dubaï ou Istanbul.

Dans le second cas, seul le premier tronçon, au départ de l'Europe, est soumis à ReFuelEU. Le second vol, depuis le hub hors d'Europe, échappe à l'obligation. Les compagnies du Golfe ou turques supportent donc un surcoût moindre sur l'ensemble du trajet, et peuvent proposer des prix plus bas. Pour Air France-KLM, ce déséquilibre pourrait rendre certaines lignes directes vers l'Asie non rentables à mesure que les objectifs de SAF augmentent.

Il s'agit à ce stade d'un avertissement et de projections du groupe, dans un contexte de discussions avec les institutions européennes sur d'éventuels mécanismes de compensation. Aucune suppression de ligne liée à ce règlement n'était annoncée dans l'article d'origine.

Quelles destinations asiatiques Air France dessert-elle ?

Air France relie Paris-Charles-de-Gaulle à une dizaine de grandes villes d'Asie, parmi lesquelles Tokyo, Séoul, Pékin, Shanghai ou Singapour, ce qui en fait l'un des réseaux asiatiques les plus étendus parmi les compagnies européennes. Le programme exact varie selon les saisons et le contexte géopolitique (fermeture de l'espace aérien russe notamment, qui rallonge certains vols).

Si les coûts continuent d'augmenter, les ajustements possibles sont classiques dans le secteur : baisse des fréquences, changement d'appareil, saisonnalité de certaines lignes ou, dans les cas extrêmes, suspension de routes. Rien de tout cela n'est acquis : surveillez les annonces de la compagnie si vous prévoyez un voyage lointain.

Quelles alternatives pour rejoindre l'Asie ?

Plusieurs types de compagnies desservent l'Asie depuis la France :

  • Compagnies du Golfe (Qatar Airways, Emirates, Etihad) : vols avec escale à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi, souvent compétitifs sur l'Asie du Sud-Est et l'Asie du Sud.
  • Compagnies asiatiques (Korean Air, China Southern, Singapore Airlines, etc.) : vols directs ou via leur hub, soumises à ReFuelEU uniquement pour les vols au départ de l'Europe.
  • Turkish Airlines : correspondance à Istanbul vers de nombreuses villes d'Asie.
  • Low-cost long-courriers : selon les annonces relayées en 2026, AirAsia X prévoyait de relancer des vols à bas coût entre l'Europe et l'Asie du Sud-Est, avec une escale à Bahreïn, à partir de juin 2026. Les tarifs d'appel de ce type de compagnie concernent peu de sièges et excluent généralement bagages et repas.

Comment voyager en Asie sans exploser son budget ?

Quelle que soit l'évolution du marché, quelques réflexes permettent de limiter la facture :

  • Comparer vols directs et vols avec escale : une correspondance rallonge le trajet mais peut faire baisser nettement le prix.
  • Raisonner en prix total, bagages, repas et choix du siège compris, surtout avec une compagnie à bas coût.
  • Voyager hors des pics : les vacances scolaires françaises et certaines fêtes locales (Nouvel An lunaire, Golden Week au Japon) font grimper les prix.
  • Réserver tôt pour les longs-courriers et surveiller les promotions des compagnies européennes comme asiatiques.
  • Vérifier les formalités (visa, passeport) sur France Diplomatie avant de réserver.

Ce qu'il faut retenir pour vos prochains voyages en Asie

À court terme, les vols directs d'Air France vers l'Asie restent en place et les voyageurs gardent un large choix de compagnies. À moyen terme, la montée progressive des obligations de SAF pourrait peser sur les prix des billets au départ de l'Europe, en particulier sur les vols directs. Le débat entre compagnies européennes et institutions de l'Union sur la manière de répartir ce surcoût se poursuit ; son issue influencera la carte des vols vers l'Asie dans les années à venir.

Questions fréquentes

Les billets d'avion vers l'Asie vont-ils augmenter à cause du carburant durable ?

Les compagnies européennes répercutent déjà une partie du surcoût du carburant d'aviation durable sur les billets. Avec la hausse progressive des quotas imposés par ReFuelEU, une augmentation des prix au départ de l'Europe est probable, mais son ampleur dépendra du coût du SAF et des éventuelles mesures de compensation.

Les compagnies du Golfe sont-elles soumises à ReFuelEU ?

Oui, mais seulement pour les vols qui décollent d'un aéroport de l'Union européenne. Le vol de correspondance au départ de leur hub, par exemple Doha ou Dubaï, n'est pas concerné. Sur un trajet complet vers l'Asie, elles supportent donc un surcoût plus faible qu'une compagnie européenne en vol direct.

Air France va-t-elle supprimer des vols vers l'Asie ?

Début 2026, Air France-KLM a mis en garde contre le risque que certaines lignes vers l'Asie deviennent non rentables d'ici 2030. Il s'agissait d'un avertissement et non d'une annonce de suppression. Les éventuels changements de programme sont à suivre sur le site de la compagnie.

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