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Transavia : deux passagères installées dans le cockpit lors d'un vol en surbooking

Transavia : deux passagères installées dans le cockpit lors d'un vol en surbooking

Selon des informations publiées en mars 2026, un vol Transavia reliant Hurghada (Égypte) à Amsterdam a fait voyager une mère et sa fille de 10 ans sur les strapontins du cockpit pour résoudre un surbooking. La réglementation européenne encadre très strictement l'accès au poste de pilotage. Face à un surbooking, un passager peut refuser un arrangement inhabituel et réclamer l'indemnisation prévue par le règlement européen 261/2004.

À retenir

  • Incident rapporté sur le vol Transavia HV6134 Hurghada-Amsterdam du 21 février 2026.
  • L'accès au cockpit est réservé à l'équipage, sauf exceptions prévues par le manuel d'exploitation de la compagnie.
  • En cas de surbooking, la compagnie doit d'abord chercher des volontaires et leur proposer des contreparties.
  • Sur un vol de plus de 3 500 km, l'indemnisation pour refus d'embarquement peut atteindre 600 euros.
  • Vous pouvez refuser une solution inhabituelle et exiger vos droits par écrit.

Fin mars 2026, plusieurs médias ont relayé un incident inhabituel survenu à bord d'un vol Transavia, la compagnie à bas coût du groupe Air France-KLM. Pour faire face à un surbooking, l'équipage aurait installé deux passagères, une mère et sa fille de 10 ans, sur les strapontins du poste de pilotage pendant tout le vol. L'affaire pose deux questions concrètes aux voyageurs : que dit la réglementation sur l'accès au cockpit, et quels sont vos droits quand un vol est surréservé ?

Que s'est-il passé sur le vol Transavia Hurghada-Amsterdam ?

D'après les récits publiés, l'incident a eu lieu le 21 février 2026 sur le vol HV6134, qui relie Hurghada, station balnéaire égyptienne au bord de la mer Rouge, à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. Le vol étant complet avec plus de passagers enregistrés que de sièges disponibles en cabine, le commandant de bord aurait cherché des volontaires pour occuper les jumpseats, ces strapontins du cockpit normalement destinés aux membres d'équipage, aux instructeurs ou aux inspecteurs.

Une femme et sa fille auraient accepté et embarqué avant les autres passagers. Elles seraient restées dans le poste de pilotage pendant toute la durée du trajet, soit environ 5 à 6 heures de vol, y compris pendant le décollage et l'atterrissage, les phases les plus exigeantes pour les pilotes.

Un passager aurait filmé la scène et signalé l'incident aux autorités. Transavia aurait ouvert une enquête interne et reconnu que ses procédures pouvaient devoir être revues. Ces éléments reposent sur des informations de presse : la version définitive des faits dépend des conclusions de la compagnie et des autorités néerlandaises.

Que dit la réglementation sur l'accès au cockpit ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'accès au poste de pilotage est fortement restreint dans le monde entier. En Europe, deux niveaux de règles s'appliquent :

  • La sûreté aérienne : le règlement (CE) n° 300/2008 fixe les règles communes de sûreté de l'aviation civile, dont la protection du poste de pilotage contre l'accès de personnes non autorisées pendant le vol.
  • Les opérations aériennes : les règles de l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) prévoient que seules certaines personnes peuvent être admises dans le cockpit, et uniquement dans les conditions prévues par le manuel d'exploitation de la compagnie, sous l'autorité du commandant de bord.

En pratique, un passager ordinaire n'a donc pas vocation à voyager dans le cockpit. La présence d'un enfant pendant tout un vol pose aussi la question du risque de distraction de l'équipage et de l'évacuation en cas d'urgence, puisque les strapontins ne sont pas conçus pour des passagers non formés aux consignes du poste de pilotage.

Il n'appartient pas aux voyageurs de juger si une infraction a été commise : c'est le rôle de l'autorité de l'aviation civile compétente. En revanche, cet épisode rappelle qu'une proposition de l'équipage qui sort de l'ordinaire peut être refusée.

Qu'est-ce que le surbooking et pourquoi les compagnies le pratiquent-elles ?

Le surbooking (ou surréservation) consiste à vendre plus de billets qu'il n'y a de sièges, en pariant sur le fait que certains passagers ne se présenteront pas. Cette pratique est légale et courante dans l'aviation commerciale. Lorsque tous les passagers se présentent, la compagnie doit gérer le surplus.

La procédure prévue par le règlement européen (CE) n° 261/2004 est la suivante :

  1. La compagnie fait d'abord appel à des volontaires qui renoncent à leur place en échange de contreparties négociées (bons d'achat, indemnité, autre vol).
  2. Les volontaires se voient proposer, en plus, le choix entre un remboursement ou un réacheminement.
  3. S'il n'y a pas assez de volontaires, la compagnie peut refuser l'embarquement à des passagers contre leur gré, qui ont alors droit à une indemnisation, à une assistance et au choix entre remboursement et réacheminement.

Ce règlement s'applique aux vols au départ d'un aéroport de l'Union européenne, ainsi qu'aux vols à destination de l'UE opérés par une compagnie européenne, ce qui était le cas de ce vol Transavia au départ d'Égypte.

Combien pouvez-vous toucher en cas de refus d'embarquement ?

Le montant de l'indemnisation dépend de la distance du vol. Hurghada et Amsterdam sont séparées d'environ 3 700 km à vol d'oiseau, ce qui place ce trajet dans la tranche la plus élevée.

Distance du vol Indemnisation prévue (refus d'embarquement)
Jusqu'à 1 500 km 250 euros
De 1 500 à 3 500 km (et vols intra-UE de plus de 1 500 km) 400 euros
Plus de 3 500 km (hors intra-UE) 600 euros

Ces montants peuvent être réduits de moitié si la compagnie vous propose un réacheminement qui vous fait arriver avec un retard limité par rapport à l'horaire prévu. Les règles détaillées sont à vérifier sur le site officiel de la Commission européenne (rubrique droits des passagers aériens) ou sur celui de la DGAC avant d'engager une réclamation.

Comment réagir face à une proposition inhabituelle de la compagnie ?

Si l'on vous propose une solution hors norme pour régler un surbooking, gardez en tête quelques réflexes simples :

  • Vous pouvez refuser : accepter une place inhabituelle n'est jamais une obligation, et un refus ne vous fait pas perdre vos droits.
  • Demandez vos droits par écrit : la compagnie doit vous remettre une notice écrite expliquant vos droits en cas de refus d'embarquement.
  • Conservez les preuves : carte d'embarquement, échanges avec le personnel, photos de l'affichage, reçus de dépenses (repas, hôtel).
  • Signalez une situation qui vous semble dangereuse : à l'équipage d'abord, puis, si nécessaire, à l'autorité de l'aviation civile du pays concerné.

Que faire après un surbooking pour être indemnisé ?

Une fois arrivé, adressez une réclamation écrite à la compagnie en indiquant le numéro de vol, la date, les circonstances et le montant demandé. En l'absence de réponse satisfaisante dans un délai raisonnable, vous pouvez saisir l'organisme national chargé de l'application du règlement (en France, la DGAC) ou un médiateur, comme le Médiateur Tourisme et Voyage pour les compagnies adhérentes. Les sociétés de réclamation existent aussi, mais elles prélèvent une commission : la démarche directe auprès de la compagnie est gratuite.

Avant votre prochain vol, prenez quelques minutes pour relire les grandes lignes du règlement 261/2004 et gardez sur votre téléphone les coordonnées du service client de votre compagnie. En cas de surbooking, vous saurez rapidement ce que vous pouvez exiger.

Questions fréquentes

Un passager a-t-il le droit de voyager dans le cockpit d'un avion ?

En règle générale, non. En Europe, l'accès au poste de pilotage est réservé à l'équipage et à certaines personnes autorisées selon le manuel d'exploitation de la compagnie, sous l'autorité du commandant de bord. Les règles de sûreté adoptées après 2001 visent justement à empêcher toute personne non autorisée d'y entrer pendant le vol.

Peut-on refuser de céder sa place en cas de surbooking ?

Oui. La compagnie doit d'abord chercher des volontaires. Si vous n'êtes pas volontaire et que l'embarquement vous est refusé, vous avez droit à une indemnisation selon la distance, à une assistance (repas, hébergement si nécessaire) et au choix entre un remboursement et un réacheminement.

Le règlement européen s'applique-t-il à un vol au départ de l'Égypte ?

Oui, si le vol est opéré par une compagnie européenne et arrive dans l'Union européenne. C'est le cas d'un vol Transavia entre Hurghada et Amsterdam. Pour une compagnie non européenne au départ d'un pays tiers, le règlement 261/2004 ne s'applique en principe pas.

Combien de temps a-t-on pour réclamer une indemnisation pour refus d'embarquement ?

Le délai dépend du droit national applicable. En France, il est généralement admis que l'action peut être engagée dans un délai de cinq ans. Mieux vaut toutefois réclamer rapidement, preuves à l'appui, et vérifier le délai exact auprès de la DGAC ou d'un professionnel du droit.

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